Faut-il étiqueter les images IA sur votre site ?

Toutes les images IA ne sont pas des hypertrucages. Lesquelles demandent une étiquette visible selon l’article 50(4), avec les exemples de la Commission.

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Les images IA sont partout. En-têtes de blog, visuels Instagram, photos produits avec un nouveau fond, photos d’équipe retouchées par une appli. Faut-il donc coller une pastille « IA » sur chacune ? Non. Le règlement européen sur l’IA vous demande seulement de signaler les hypertrucages (les deepfakes), et c’est un groupe bien plus restreint qu’on ne le croit.

Voici comment faire la différence, avec les exemples donnés par la Commission européenne elle-même, et où placer l’étiquette quand il en faut une.

Un outil, pas un conseil juridique. Ce guide explique des documents publics en langage simple. Qu’une image précise ait besoin d’une étiquette dépend du contexte. Si l’enjeu est important pour votre entreprise, demandez à un avocat.

Deux règles, deux publics

L’article 50 contient deux règles sur les images IA, et elles ne visent pas les mêmes personnes :

  • Article 50(2), marquage lisible par machine. L’outil qui crée l’image (le fournisseur) doit y intégrer un marqueur technique, métadonnées ou filigrane. Cela couvre presque toutes les images IA, mais c’est le travail de l’outil, pas le vôtre.
  • Article 50(4), signalement visible des hypertrucages. Si vous publiez une image générée ou modifiée par IA qui compte comme un hypertrucage, c’est à vous (le déployeur) de dire qu’elle est artificielle. C’est la règle qui compte pour les propriétaires de sites.

Oubliez donc « Est-ce de l’IA ? ». La vraie question est « Est-ce un hypertrucage ? ».

Ce qui fait d’une image un hypertrucage

La définition du règlement est un peu lourde : un contenu image, audio ou vidéo généré ou manipulé par IA, qui ressemble à des personnes, objets, lieux, entités ou événements existants et pourrait être perçu à tort comme authentique ou véridique.

La Commission la découpe en quatre critères. Une image doit les remplir tous les quatre.

  1. La ressemblance. Elle ressemble clairement à son sujet. Pas besoin d’une copie parfaite.
  2. L’existence. Le sujet est réel ou pourrait l’être de façon plausible. Une personne réaliste qui n’a jamais existé compte quand même. Un dragon, un humain qui vole ou un éléphant au volant, non.
  3. Le bon type de sujet. Personnes, produits, bâtiments, lieux, animaux, scènes réalistes.
  4. L’apparence authentique. Une personne raisonnable pourrait la prendre pour la réalité.

C’est souvent ce dernier critère qui tranche. Une image de style photo peut tout à fait passer si, dans son contexte, on voit bien qu’elle n’est pas réelle.

Hypertrucage ou pas ? Des exemples réels

Les lignes directrices donnent toute une série d’exemples. Voici ceux qu’on croise le plus sur les sites web.

Probablement un hypertrucage, à signaler :

  • Une image IA réaliste de deux athlètes réels et reconnaissables devant un stade.
  • Une vidéo IA de quelqu’un qui ressemble à un homme politique en train de faire un discours.
  • Une publicité avec une version IA d’une influenceuse connue.
  • Un avatar IA plus vrai que nature de votre PDG qui remercie l’équipe.
  • Une image produit IA qui pourrait tromper sur l’aspect réel du produit, son fonctionnement ou ce qu’il fait. Par exemple en le faisant paraître mieux fini qu’il ne l’est.

Probablement pas un hypertrucage :

  • Un sphinx qui survole la tour Eiffel.
  • Des souris qui se disputent un fromage dans une publicité pour une marque de fromage.
  • Un dessin animé IA inspiré d’une photo historique.
  • Des forêts et des châteaux imaginaires dans un jeu vidéo.
  • Un vrai produit sur un fond généré par IA, tant que le produit lui-même n’est pas déformé.

Les lignes directrices citent aussi des retouches courantes qui, en général, ne font pas d’une image un hypertrucage : correction des couleurs, ajustement de la lumière, réduction du bruit, suppression de passants au hasard, extension ou remplacement d’un fond pour l’esthétique, mise en scène de produits existants ensemble, redimensionnement. Les retouches lourdes qui changent le sens sont une autre histoire, comme modifier la silhouette ou la couleur de peau de quelqu’un, ou montrer des événements qui n’ont jamais eu lieu.

Un test rapide

Posez-vous trois questions :

  1. Est-ce que ça ressemble à une vraie photo d’une personne, d’un produit, d’un lieu ou d’un événement réel ou réaliste ? Sinon, vous êtes probablement tranquille.
  2. Un visiteur pourrait-il croire que c’est une vraie photo ? Pensez à ceux qui visitent vraiment votre site. Si votre public compte des enfants ou des personnes âgées, le seuil du « pourrait croire » est plus bas.
  3. Le croire changerait-il sa perception du sujet ? Une image produit trompeuse ou une fausse photo d’une personne réelle, oui, ça compte. Un fond plus joli, en général, non.

Trois oui ? Étiquetez-la.

Art, satire et fiction

Les hypertrucages qui font partie d’une œuvre manifestement artistique, créative, satirique ou fictionnelle doivent quand même être signalés, mais de façon plus légère. Selon les lignes directrices, la mention doit être adaptée et ne pas gâcher l’œuvre. Une courte ligne dans les crédits ou une note en haut d’une galerie suffit souvent.

Où placer l’étiquette

Le règlement veut une mention claire et facile à remarquer, au plus tard au moment où l’on voit l’image pour la première fois.

Le code de bonnes pratiques, facultatif, est plus précis. Il recommande de placer l’étiquette là où rien d’autre ne vient la recouvrir, et prend comme exemple le coin supérieur droit de l’image. Il précise aussi que les gens doivent la voir sans avoir à cliquer, survoler ou plisser les yeux.

En pratique :

  • Bien : un petit badge « IA » dans le coin de l’image, ou une courte légende juste en dessous, comme « Image générée par IA ».
  • Mal : une note dans le pied de page, une ligne à la fin de l’article ou un texte qui n’apparaît qu’au survol. C’est trop tard, ou personne ne le voit.

L’icône « AI » de l’UE

Le code de bonnes pratiques introduit aussi une icône européenne commune construite autour des lettres « AI ». Elle existe en deux versions : « AI + GENERATED » pour les contenus entièrement générés et « AI + MODIFIED » pour ceux qui ont été partiellement modifiés. Selon le code, ces icônes sont librement utilisables, sans mention d’auteur. Rien ne vous oblige à les utiliser. Une étiquette en texte simple comme « Image générée par IA » fonctionne tout aussi bien.

Les anciennes images

Selon les lignes directrices, les hypertrucages générés avant le 2 août 2026 n’ont pas besoin d’être étiquetés après coup, même si c’est encouragé. Les nouvelles images, et les anciennes que vous réutilisez dans un nouveau contenu, c’est une autre affaire. Étiquetez-les au moment de publier.

Ne supprimez pas le marqueur caché

Beaucoup d’outils d’IA glissent désormais dans le fichier un identifiant de contenu C2PA ou un champ IPTC « digital source type ». Les plateformes et les navigateurs s’en servent pour repérer les contenus IA. Le problème, c’est que certains plugins d’optimisation et de compression d’images effacent les métadonnées au téléversement. Si vous en utilisez un, vérifiez ses réglages. Garder le marqueur ne vous coûte rien.

Comment AuthorLabel gère les images

AuthorLabel traite les images en trois temps.

  1. Il lit ce que le fichier dit déjà. Quand vous téléversez une image, le plugin vérifie les champs C2PA, IPTC Digital Source Type et les champs EXIF/XMP du générateur. Si le fichier indique qu’un outil d’IA l’a créé, AuthorLabel propose la bonne étiquette. Il ne devine jamais d’après l’apparence de l’image.
  2. C’est vous qui décidez. Chaque fichier de la médiathèque reçoit un panneau « AI transparency ». Marquez-le AI-generated, AI-assisted ou not AI, et notez l’outil utilisé. Rien n’est rendu public sans votre accord.
  3. Il affiche l’étiquette sur la page. Quand l’image apparaît dans un article ou un produit, AuthorLabel ajoute une courte légende juste en dessous, ainsi que des marqueurs lisibles par machine (JSON-LD Schema.org et un attribut data-ai-generated). Le contenu de votre article et le fichier image restent intacts.

Vous avez une pile d’images IA d’avant l’installation du plugin ? L’étiquetage en masse vous permet de filtrer par date, auteur ou outil et d’étiqueter jusqu’à 200 éléments d’un coup. Chaque action en masse peut être annulée, et le journal d’activité montre qui a étiqueté quoi et quand.

AuthorLabel Pro ajoute un type d’étiquette distinct pour les hypertrucages, pratique pour les équipes qui doivent les séparer des autres médias IA.

En bref

  • Étiquetez les images réalistes, qui ressemblent à quelque chose de réel et qui pourraient tromper.
  • L’art stylisé, la fantaisie évidente et les vrais produits sur fond IA qui ne trompent personne n’ont généralement pas besoin d’étiquette.
  • Placez l’étiquette sur l’image ou juste à côté, visible sans cliquer.
  • Laissez tranquille le marqueur caché de l’outil d’IA.

Sources

  • Règlement (UE) 2024/1689 (règlement sur l’IA), article 3, point 60, et article 50, paragraphes 2, 4 et 5.
  • Commission européenne, lignes directrices sur les obligations de transparence au titre de l’article 50 du règlement sur l’IA, C(2026) 7702 final, section 6.1. digital-strategy.ec.europa.eu
  • Code de bonnes pratiques sur la transparence des contenus générés par IA, partie déployeurs, mesure 1.2. digital-strategy.ec.europa.eu

Les lignes directrices de la Commission ne sont pas juridiquement contraignantes, et le code de bonnes pratiques est facultatif.

Dernière vérification : novembre 2026. AuthorLabel est un outil, pas un conseil juridique.

Ce guide explique les règles avec des mots simples. Ce n’est pas un conseil juridique. AuthorLabel est un outil qui vous aide à signaler les contenus IA et à en garder une trace ; pour votre cas précis, consultez un avocat.

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